« Je sais que la poésie est indispensable, mais je ne sais pas à quoi ». Jean Cocteau
Selon l’UNESCO, « il faut se mobiliser pour que la poésie trouve sa place traditionnelle dans la vie de la cité et qu’elle poursuive sa vocation universelle au service de la diversité culturelle et de la paix dans le monde ».
La 30e session d’une conférence organisée par l’ONU en 1999 a donné naissance à une journée mondiale conçue pour promouvoir la poésie et gratifier d’un nouvel élan ce domaine bien souvent négligé. Depuis 11 ans, le 21 Mars est officiellement proclamé Journée Mondiale de la Poésie.
Ce style littéraire, s’il fut florissant au XIXe et admiré au XXe siècle avec des figures phares telles Eluard et Apollinaire, est laissé en friche depuis plusieurs décennies. A l’ère des netbooks, des chroniques en ligne et des mangas, les recueils de poésie ne semblent plus avoir leur place chez Gibert ou sur les rayonnages de la Fnac .
En outre, s’il est encore aisé de mettre la main sur un volume d’Aragon, Ronsard ou Keats, qu’en est-il de nos poètes actuels ? Nous ne sommes guère informés de leurs nouvelles parutions et pourtant, pouvons-nous seulement nous résoudre à penser que le poète était le produit de sociétés antérieures et non de la nôtre ? Certes non.
La seule explication plausible serait donc que le poète est mis au ban de la société et se voit dans l’obligation de céder la place dans les maisons d’éditions et dans les librairies aux auteurs contemporains qui eux, inondent le marché.
Les objectifs de cette journée mondiale de la Poésie ? La remettre au goût du jour en encourageant sa lecture, sa rédaction, son enseignement et sa publication. Se battre contre les détracteurs de cet art qui le considèrent comme mièvre et tombé en désuétude.
Faire en sorte que les éditeurs les moins frileux s’emparent du marché du livre en publiant des recueils de jeunes talents encore méconnus. Relire à cette occasion des poèmes de Verlaine, Hugo, Nerval.
Ne pas laisser sombrer dans l’oubli les vers Baudelairiens et sortir du néant les sonnets Rimbaldiens.
A cette occasion, de nombreux récitals sont organisés, la poésie est mise en musique et les plus jeunes (re)découvrent ce style à l’école. Pour chacun de nous, c’est le moment de délaisser notre livre de chevet et notre journal/café quotidien pour un ou deux quatrains, une page de Hugo ou quelques vers issus de notre imagination.
Selon un aphorisme de Baudelaire, l’homme peut vivre trois jours sans pain, mais pas un jour sans poésie.
Et Oscar Wilde de s’insurger : « Qui, en ces jours dégénérés, hésiterait entre une ode et une omelette, un sonnet et du salami ? »
Alors, afin de contenter Monsieur Wilde, tachons, le temps d’une journée au moins, de ressortir nos vieux classiques et d’assembler sonnet et salami…!
Marina Picard-Baillet